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Jongle et psychiatrie/thérapie
MessagePosté le: Vendredi 6 Avril 2012, 14h07, Sujet: Jongle et psychiatrie/thérapie Répondre en citant
davidt
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Inscrit le: Aug 10, 2010
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Je me permet donc d'ouvrir un nouveau fil plus spécifique sur ce sujet, tout en citant Paga, c'est un peu alambiqué mais je ne voyais pas trop d'autres formules permettant de dissocier les 2 discussions sans perdre les propos.

paga a écrit:
Désolé du pavé, mais si la psychiatrie intéresse, tout de suite je m'enflamme... Je suis plutôt d'une école psychothérapeutique et m'inscrit volontier dans la relation d'aide selon Carl Rogers.


Bon, je ne suis qu'un "curieux" du sujet, je n'ai jamais étudié la psychiatrie, donc j'espère que je ne vais pas dire trop de conneries... Carl Rogers, c'est l'"approche centrée sur la personne", le travail du lien thérapeute/patient, c'est bien ça ? J'ai lu dernièrement plusieurs romans d'Irvin Yallom, il me semble me souvenir qu'il en parle de temps en temps, que ca se rapproche de son principe de thérapie existentielle ?


paga a écrit:
En fait, outre les vertus reconnues que l'on prête à la pratique de la jonglerie (bienfaits d'une activité physique, amélioration psycho-motrice, amélioration de la vision périphérique, amélioration neuroloqique avec augmentation de la substance blanche du cerveau et augmentation des connexions entre les deux hémisphères cérébraux,...), je m'intéresse surtout aux symboles qu'on peut y rattacher. Le but sera d'inviter le patient à emprunter des pistes de réflexion de manière plus douce qu'au cours d'un entretien classique (type relation d'aide): être responsable de ses choix et de ses actes, les chutes ne sont pas un échec en elles-mêmes, l'importance du lâcher prise ou de certaine séparation pour mieux se retrouver, gestion de son environnement, gestion du regard de l'autre, gestion de l'estime de soi... Toutes ces notions et bien d'autres sont illustrées à merveille par la jonglerie et son apprentissage ! Donc, dès qu'un patient est intéressé, on jongle dans la meilleure humeur possible et dès que l'occasion s'y prête, je glisse un petit parallèle personnalisé entre existence et jongle. Cela permet de parler de la vie dans la décontraction pour vulgariser à l'extrême, et la vie de mes patients n'étant souvent pas drôle, la jonglerie permet d'amener un peu de légèreté au milieu de la gravité (avec ou sans jeu de mot)


Je me permet de te poser des questions, ne les prends surtout pas pour une remise en cause de ce que tu dis, au contraire, c'est juste que vu que tu maitrises le sujet j'aimerais en profiter pour essayer de mieux comprendre le principe, et être sur que cette voie puisse correspondre à ce que je cherche...
Ce que tu décrit là, est-ce qu'il ne serait pas possible de l'appliquer à n'importe quel moyen d'expression ? Donc de se rapprocher de l'art-thérapie ? J'ai eu une amie qui était clown d'hôpital au début, et à monté un atelier d'art-thérapie dans un hopital psy, en Bourgogne. Pour ce que je me souviens, ils utilisaient différents mode d'expressions, peinture, sculpture, etc. et se servaient des spécificités de chacune. Par exemple l'expression non verbale avec la peinture, le représentation de soi par la sculpture, la mosaique (briser des objets pour créer qqchose de nouveau à partir des fragments), etc.
C'est vers ce type de démarche que tu vas, ou alors tu utilises en plus l'aspect physique, gestuel, expression corporelle de la jonglerie ?



paga a écrit:
Par contre, pour enrichir ma pratique, je viens de demander une formation en "arts du cirque" dispensées par la fédération française de sport adapté et je me heurte aux lenteurs administratives et je sens qu'il va falloir convaincre encore un peu... Mais que de possibilités si on y ajoutait les disciplines d'équilibre, d'acrobatie et un brin de clown...

Il y a effectivement beaucoup à faire pour divertir,partager et tenter d'amener un sourire là où sourire coûte cher David. Pour te guider, tu pourrais rechercher s'il n'y a pas une association autour de chez toi qui intervient dans les hôpitaux et/ou autres institutions où un rayon de soleil est toujours le bienvenu.


Ce que j'ai du mal à cerner encore, c'est jusqu'où il est possible/souhaitable d'aller... J'imagine que cela dépend de la cible... En ce qui concerne par exemple des maisons de retraite, des services gériatrie d'hopital, ou hopital d'enfants, est-ce qu'il faut avoir uniquement une démarche de divertissement, en proposant une sorte de parenthèse légère, sans aucun autre but que d'amener un peu de sourire, ce qui est déjà pas mal ?..
Ou alors est-ce qu'il faut aller "plus loin", et essayer de rentrer dans un véritable échange, de faire pratiquer la jongle pour essayer de lui donner un rôle cathartique, utiliser les balles comme objet transitionnel, etc. ? Et même si on est pas dans cette démarche, est-ce qu'il n'y a pas un risque que le mécanisme se fasse tout seul, et donc du coup sans maîtrise, ce qui peut être lourd de conséquences ?

David

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MessagePosté le: Dimanche 8 Avril 2012, 19h42, Sujet: Répondre en citant
paga

 
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Citation:
Carl Rogers, c'est l'"approche centrée sur la personne", le travail du lien thérapeute/patient, c'est bien ça ?


Approche centrée sur la personne, c'est une des autre dénomination de la relation d'aide "Rogérienne".
Pour résumé, Carl Rogers considère qu'un individu ne traversant aucun traumatisme ou obstacle de l'existence est en évolution constante (la personne se bonifie au gré de ses expériences): c'est ce qu'il nomme la croissance. Au terme de cette croissance, il définit l'homme mature. Il s'agit pour lui d'un homme dont la croissance, en adéquation avec ses désirs, l'a mené à un état de bien-être cohérent avec ses propres valeurs et une vie sociale épanouie.
Dès lors que cette croissance est interrompue par un facteur ou un autre, l'individu va se retrouver en souffrance et celle-ci s'exprimera de diverses manières.
Le but de la relation d'aide, telle que définit par Mr Rogers, sera d'inviter la personne à reprendre sa croissance par ses propres moyens.

L'outil majeur de cette relation d'aide sera l'entretien "centré sur la personne" (ou permissif, ou encore non directif). Il s'agira pour l'aidant ( ou soignant) d'écouter l'aidé et de s'appuyer sur son discours pour l'encourager à réfléchir son ou ses problématiques, puis lui permettre de cheminer. Grosso modo, on se concentrera essentiellement sur le point de vue de l'aidé et sur les émotions qu'il éprouve à l'instant "t" de la rencontre.

Vulgairement, le soignant va se contenter d'accompagner le patient pour qu'il identifie son problème, les répercussions sur sa vie, qu'il réfléchisse sur les objectifs qu'il peut espérer atteindre et les moyens qu'il pourra mettre en place pour y parvenir.

C'est ultra simplifié pour en faire une version digeste... Sourire

Citation:
Ce que tu décrit là, est-ce qu'il ne serait pas possible de l'appliquer à n'importe quel moyen d'expression ? Donc de se rapprocher de l'art-thérapie ?


Mais tout à fait, tout est envisageable... Dans l'absolu, un soignant pourrait utiliser n'importe quelle discipline sportive, culturelle ou artistique pour en faire une activité thérapeutique. La démarche sera d'en identifier les valeurs pouvant être véhiculées, de bien cerner les objectifs que l'on se permet d'atteindre et d'élaborer des moyens d'évaluations pertinents.
La finalité ne sera bien évidemment jamais la "prouesse" du patient mais la manière dont il investit l'activité, les consignes, l'apprentissage ou la réalisation de cette dernière.
La plupart du temps, on ne discutera pas des objectifs thérapeutiques avec les patients. Mais on rebondira sur les propos des patients durant l'activité pour faire émerger des liens entre leurs parcours et ce qu'il se produit.

Par exemple, on ne dira jamais au patient: "objectif de la séance de jonglage du jour: modifier votre rapport aux échecs pour progresser et arrêter de refaire les mêmes choix et donc répéter les mêmes erreurs !"
Mais, en condition réelle, dès que tous les participants travaillent, je travaille mes trucs. Je relativise leur rapport au drop et leur offre le mien "ça fait partie du truc, je m'en fout, demain, je serais plus fort !!!" Concrètement, 6 patient sur 10 ouvrent un dialogue (plus ou moins riche) sur ce point précis.

Je suis donc dans la même démarche que ton amie clown thérapeute. Ce qui n'est pas moins intéressant, c'est que la pratique fait en elle-même bénéficier des autres vertus d'une discipline (se récréer, se bouger, se défouler, se découvrir,...).

Au regard de ce que peut offrir la pratique de la jonglerie, et en terme d'exercice en lui même, et en terme d'illustration symbolique: c'est à mes yeux une des activités les plus riches qu'on puisse mettre en place dans énormément de structures de soins ou même socio-éducatives. Finalement, jongler n'est-il pas un jeu consistant à ne pas perdre la boule? Clin d'oeil

Citation:
Ce que j'ai du mal à cerner encore, c'est jusqu'où il est possible/souhaitable d'aller... J'imagine que cela dépend de la cible... En ce qui concerne par exemple des maisons de retraite, des services gériatrie d'hopital, ou hopital d'enfants, est-ce qu'il faut avoir uniquement une démarche de divertissement, en proposant une sorte de parenthèse légère, sans aucun autre but que d'amener un peu de sourire, ce qui est déjà pas mal ?..
Ou alors est-ce qu'il faut aller "plus loin", et essayer de rentrer dans un véritable échange, de faire pratiquer la jongle pour essayer de lui donner un rôle cathartique, utiliser les balles comme objet transitionnel, etc. ? Et même si on est pas dans cette démarche, est-ce qu'il n'y a pas un risque que le mécanisme se fasse tout seul, et donc du coup sans maîtrise, ce qui peut être lourd de conséquences ?


Spontanément, je dirais que pour un soignant ou un intervenant ponctuel qui va proposer une activité suivie et régulière, il faut viser une dimension thérapeutique de l'activité.
Dès lors qu'on fréquentera des lieux de soins et/ou de vie de manière plus épisodique, ne viser que le divertissement et le rire. C'est énorme en soi. De plus, on a tous assisté à des spectacles qui font du bien, qui font réfléchir ou les deux. Que ce soit parce qu'un être hirsute fasse appel à l'enfant qui sommeille en nous ou parce que l'on se reconnait dans un individu théâtral.

Ne pouvant maîtriser tout ce qui va se jouer pour chaque spectateur, ne pas hésiter à foncer en ne visant que le rire, on ne fait pas grand mal.
Le jonglage en particulier ne suscite que des réactions très positive dans la grande majeure partie des cas. Et pour un patient ou un résident, suivant où l'on se situe, tout ce qu'il attendra d'un artiste "de passage", c'est un peu de rêve et d'évasion.

C'est d'ailleurs suite à une de ces "petites exhibitions" que j'avais entamé ma réflexion pour introduire la jonglerie dans ma pratique professionnelle.
Un ami, cadre de santé dans un service psychiatrique, était révolté par le projet d'annuler le repas de noël des patients dans l'hôpital. Il a donc fait lui même le repas pour 50 personnes et a appelé des potes infirmiers (dans l'urgence pas de souci éthique à réfléchir) musiciens et apprenti jongleur prêts à venir de manière complètement bénévole. J'ai répondu oui immédiatement pour le plaisir de lutter à notre petit niveau contre la disparition d'un des évènements préférés des patients. Mais après la saperlipopette, car que faire avec un niveau technique touti rikiki ???
Du coup, j'ai convier l'auditoire à assister à l'entrainement d'un jongleur (donc drop support de tout le numéro) au milieu de tous ses agrès où je parlais beaucoup pour faire un parallèle entre jongler et chercher le bonheur... le fil conducteur était le fameux: "je m'en fout, demain je serais plus fort !!!" initié à chaque drop (très vite la sauce a pris et les 50 personnes présentes le scandaient trop bien), et après 40 minutes de lutte harassante... je finissais avec des lumineuses dans l'obscurité totale en musique avec le groupe en impro...
Et ben les patients n'ont réagi vivement qu'à trois éléments: le slogan, quelques interactions où j'en faisais participer l'un ou l'autre et la partie lumineuse.
Par contre, je ne l'avais pas prévu (parce que je n'en avais pas tenu compte du tout pendant le gribouillage de mon petit numéro), mais c'est les soignants qui ont été totalement "scotchés" par la grosse partie parlée et qui ont adoré. Ils ont je pense tous rit, mais pas des mêmes choses. J'ai répété l'expérience une ou deux fois avec d'autres trucs, le constat est le même.
Donc définitivement, dans l'exercice du "pestacle" je ne vise que le rire et le divertissement même si cela contient une idée qui m'est chère... Alors qu'au boulot, priorité à l'idée déguisée en rigolade

Grand sourire

Voilà ma petite expérience, en espérant qu'elle puisse être utile, je reste dispo à toute question ou souci de précision.
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MessagePosté le: Mercredi 11 Avril 2012, 8h08, Sujet: Répondre en citant
davidt
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paga a écrit:
Voilà ma petite expérience, en espérant qu'elle puisse être utile, je reste dispo à toute question ou souci de précision.


Merci beaucoup pour avoir partagé ton expérience ! Je trouve ça vraiment intéressant, tout ça, je ne trouve rien à répondre pour l'instant, je ne fais que lire et intégrer toutes ces infos, maintenant je vais laisser ça "infuser" et voir si j'arrive à en sortir quelque chose Sourire

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MessagePosté le: Mercredi 11 Avril 2012, 11h26, Sujet: Répondre en citant
azerwhite

 
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davidt a écrit:
paga a écrit:
Voilà ma petite expérience, en espérant qu'elle puisse être utile, je reste dispo à toute question ou souci de précision.


Merci beaucoup pour avoir partagé ton expérience ! Je trouve ça vraiment intéressant, tout ça, je ne trouve rien à répondre pour l'instant, je ne fais que lire et intégrer toutes ces infos, maintenant je vais laisser ça "infuser" et voir si j'arrive à en sortir quelque chose Sourire


Idem

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MessagePosté le: Mercredi 20 Juin 2012, 16h37, Sujet: Répondre en citant
mrik

 
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tres interressante cette petite discussion !!

je me permet d intervenir afin de prevenir les futurs participant a la formation de cirque adapté de ne pas y avoir trop d attente.
j y ai participé il y a 5 annéée de cela et elle ne m a absolument rien apporté dans ma pratique (je suis moi aussi infirmier et travaille en pedo-psychiatrie).Je pense par contre que la meilleure experience et celle que l on peut se faire sur le terrain en reajustant regulierement son activité, en y reprecisant les objectifs et en les individualisant à chaque personne.cependant il me parait important de l inscrire dans un cadre precis et de la pereniser dans le temps.

pour ce qui est du cirque adapté j espère que leur formation a changé car j étais passablement en colère vu l absence de contenu et son prix . allez voir leur site et essayez d avoir des infos tout est payant et peu explicite ...

voili voilou bonne jongle a vous

aymeric
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MessagePosté le: Jeudi 21 Juin 2012, 18h55, Sujet: Répondre en citant
paga

 
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Salut...

Aïe, tu me fais peur Huh

Bon, ma demande de formation est passée devant la commission de mon établissement cet après-midi, je vais tenter de savoir si on me l'accorde demain.

Sinon, ce n'est pas celle dispensée par l'AFCA dans les landes (tarif énigmatique et un peu loin de chez moi). J'ai longtemps cherché et en ai trouvé une qui aura lieu à Strasbourg au mois d'octobre. Elle est organisée par trans'formation qui est l'organisme de formation de la fédération française de sport adapté.

Bon, je ne vise pas un contenu mirobolant du point de vue de l'expérience mais plus une compétence sans laquelle je n'oserais jamais élargir mon activité jonglerie vers une activité cirque. (j'espère juste qu'on me montre la base minimale à transmettre et les différentes mesures de sécurités à respecter). Timide

J'ai choisi celle-ci car ils se proposent d'adapter le contenu à chacun pour lui permettre d'élaborer le projet le plus adapté à son univers professionnel. D'après le programme, il y a l'air d'avoir autant de théorie que de pratique et la pratique sera assurée par Coralie Gillig, je crois de mémoire, qui enseigne les arts du cirque au CERAC de Colmar.

Si elle est acceptée, je vous ferais volontier un retour sur le fond et la forme de la dite formation.

Pour l'instant, je peux dire qu'elle coute 950 euros pour 40heures de formation (une semaine) plus 510 euros si on prend l'option pension complète.

Bonne jongle...
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MessagePosté le: Samedi 23 Juin 2012, 12h28, Sujet: Répondre en citant
paga

 
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Bon, ben, formation refusée...

... pour l'instant Boude
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MessagePosté le: Mardi 11 Juin 2013, 13h35, Sujet: Répondre en citant
paga

 
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Petit up...
Ma demande (enfin la cinquième en 2 ans) vient enfin d'être acceptée.
Donc, je devrais suivre la formation "arts du cirque" dispensée par Trans'formation (organisme de formation de la FFSA) en Octobre prochain, je me ferais une joie ensuite de vous faire un petit retour.
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MessagePosté le: Samedi 19 Octobre 2013, 11h21, Sujet: Répondre en citant
paga

 
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Et Re-Up !

Bon ben voilà, j'ai suivi la formation "Arts du cirque" que je convoitais tant, du 07 au 11 octobre derniers, à Strasbourg.

Pour ceux que ce type de formation pourrait intéresser, je vais vous en livrer un petit retour.

C'était génial Grand sourire Grand sourire Grand sourire J'en suis revenu enchanté et renforcé Sourire

Plus concrètement, il s'agissait d'une formation "Arts du cirque", d'une durée de 40 heures, dispensée par Trans'formation, organisme de formation de la Fédération Française de Sport Adapté. Cette formation est destinée aux soignants et personnels socio-éducatifs désirant mettre en oeuvre un projet "arts du cirque" dans la structure où ils travaillent, avec leur public respectif (patient, résidents, élèves, détenus...).

Elle a été dispensé par Maxime Tessier, responsable de formation à Trans'formation, et Laurent Laval, intervenant cirque enseignant à l'AFCA, Association Française de Cirque Adapté. La forme en était une alternance de pratique et de théorie. Les temps de pratique se déroulait sous un chapiteau tout équipé (Merci à l'association Graine de Cirque de Strasbourg) et la théorie dans la salle de réunion d'une Auberge de Jeunesse à 500m du chapiteau.

Aucun prérequis technique dans aucune discipline circassienne n'est exigée. Pour info, 4 ou 5 participants connaissaient quelques rudiments de jonglage (3 tenait une cascade 3b acceptable), je semblais d'une autre planète avec ma passion de la jonglerie et ma pratique "dès que je peux" et une circassienne enseignant le cirque et désirant pouvoir s'ouvrir aux publics dits "adaptés" avait un pétard de niveau en trapèze et tissu.

Était au programme de la semaine Jonglerie-jeu d'acteur-acrobatie-équilibre-clown et un temps d'animation auprès de 6 enfants accueillis en ITEP.

Pour la théorie, cela consiste à appréhender une approche de la création artistique qui va devenir la méthodologie à employer lors des ateliers que l'on souhaite créer et toujours la même pour chaque discipline individuellement et/ou mêlées.
Cela repose sur le principe de ne rien apprendre aux participants, on doit juste les inviter à explorer les rudiments d'une discipline en fonction de leur imagination et de leur capacité personnelle (principe d'offrir la liberté en imposant une contrainte, exemple: acrobatie, on nous a demandé de traverser un espace en faisant 3 démarches différentes lors de chaque passage, puis refaire un passage en utilisant au moins 3 appuis différents des pieds, des exercice d'impulsion, de réception...), ensuite exercice de création en assemblant et enchaînant certaines des trouvailles, puis réflexion à une histoire que l'on va raconter avec les éléments à notre disposition, les contraintes imposées, autour d'une thématique ou d'un mot clé. Enfin, chacun présente sa "création" aux autres (étape capitale) sur scène et ressort par le rideau. Puis on revient, la création était un cadeau, on revient juste recueillir les éprouvés des "spectateurs" sans avoir à justifier ou expliquer quoique ce soit de ce que l'on a présenté. On raconte ce que l'on veut, comme on veut en fonction de ce que l'on peut, on offre à l'autre d'en dire ce qu'il veut si ça lui a procuré un sentiment ou l'autre.

L'objectif est bien entendu d'offrir à l'artiste d'un moment un espace de liberté d'expression totale, sans notion de réussite ou d'échec.
L'ensemble de la formation repose sur ce postulat théorique. Donc les moments théoriques étaient beaucoup de temps de discussions très intéressantes sur le cirque, les arts et la relation à l'autre, plus ou moins animés selon nos ressentis après les temps de pratiques.

Pour les temps de pratiques, les participants ont naturellement joué le rôle qui sera celui de leur public. Malgré le descriptif claire de la formation, certains ont regretté que l'on ne nous transmette aucune technique, ou juste quelques bribes pour qu'on puisse juste être orienté au départ dans les phases de recherche... mais cela fonctionne, on a cherché, on a joué, on a rigolé, on a réfléchi, paniqué, suivi les consignes, été pétrifié, aveuglé par le poids des regards donc focalisé sur son truc,été soulagé, agréablement surpris par les réactions, vidé et zen... C'est très personnel, mais je suivais le truc et sans réfléchir, j'ai du présenter 5 fois un truc devant des gens dans la semaine, surprise à laquelle j'étais pas préparé mais très enrichissante (j'étais à la place de mes futurs patients), d'un point de vue émotionnel, c'était très éprouvant.
Un tel respect régnait dans le groupe, que la phase de recueil des sentiments n'a jamais été tendue mais si quelqu'un exprimait des ressentis négatifs...
On s'est exprimé devant des gens, et ça tisse des liens car c'est comme si l'on se mettait à nu.

Après vue de l'extérieur, cela doit ressembler à une bande d'enfants qui joue à faire un spectacle de cirque. Mais, sans technique, c'est vraiment ça d'ailleurs ! Donc pour des circassiens en quête d'éblouissement, c'est plus que pauvre... mais pour un professionnel voulant utiliser les arts du cirque pour permettre un temps d'expression à ceux qui d'ordinaire ne s'expriment pas, c'est fabuleux, riche , passionnant, surprenant, très intéressant !!!

Sur les temps d'animations aux enfants d'ITEP, on a morflé... par trop d'hésitations, coincé entre des réflexes archaïques de nos habitudes professionnelles qui nous éloignent des valeurs que l'on cherche à atteindre et une approche si surprenante qu'on a du mal à s'y abandonner complètement, mais ça c'est améliorer dans la semaine (il s'agissait de 2 matinées en fait).

Pour résumé, si l'on désire parfaire sa technique circassienne pour progresser individuellement et atteindre un niveau technique supérieur, c'est pas la bonne formation Timide
Si vous voulez utiliser les arts du cirque auprès de personnes qui ne suivront peut-être qu'une séance, juste pour les inviter à s'exprimer symboliquement et librement, c'est ENORME, c'est LA formation Grand sourire

C'était une expérience professionnelle et humaine fabuleuse... Bizarrement, j'ai l'impression de plus jongler comme avant, mais j'suis pas objectif et encore sous le choc Sourire

Bonne jongle et belle vie.
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MessagePosté le: Samedi 19 Octobre 2013, 14h53, Sujet: Répondre en citant
davidt
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Déjà, merci pour ton retour d'expérience et d'avoir pris le temps de le partager ici… par contre en le lisant il me vient une foule de questions ! Je me permet de te les poser ici, mais sens toi libre de ne pas répondre si tu n'en as pas le temps, je sais que comme pour moi c'est la course ! Clin d'oeil

Sur la démarche générale, tu le résume très bien, l'objectif est d'offrir au patient un "espace de liberté d'expression totale, sans notion de réussite ou d'échec".
Qu'est-ce qu'apporte à une personne en souffrance ou en difficulté d'avoir cet espace de liberté d'expression ?
Et les patients en questions ont des profils très divers, vu la cible. Entre un détenu, un schyzophrène, un enfant en difficulté familiale, etc. j'imagine que les "bénéfices" de ce type de projets doivent être très différents ? Est-ce que ces différences sont abordés dans la formation ?

Est-ce qu'il y a certaines pathologies pour lesquelles ce type d'approche pourrait avoir au contraires des aspects négatifs ? Je pense par exemple à un patient schyzophrène, qui peut avoir déjà des soucis avec la réalité, des bouffées délirantes, être déjà quelque part dans un "monde parallèle" dangereux pour lui et son entourage. Dans le cas de ce type de patient, la thérapie consiste plutôt à le sortir de ses phases de délires, j'imagine ? Le faire monter sur scène, en lui disant que la scène est un espace de liberté totale, est-ce que ça n'est pas quelque part aller dans le sens inverse, c'est à dire l'inciter à entrer dans son "monde parallèle" ?
Ou alors cela a un intérêt parce que ce monde parallèle là est "controlé" et sous la surveillance du personnel médical ?

Un autre aspect qui m'interpelle : dans un hopital psy, les patients ont régulièrement des entretiens avec leur thérapeuthe. Pendant une séance avec un psy, sauf ereur le principe est un peu le même, c'est à dire que le patient peut "tout dire", le thérapeuthe écoutera sans porter de jugement. Donc on est très proche dans l'absolu de cet "espace de liberté d'expression totale" qui est mis en place dans un projet "arts du cirque" (ou théâtre, etc.). Est-ce qu'il n'y a pas risque de collusion entre les deux, vu qu'ils ne sont pas donnés par les mêmes personnes ? Concrétement, j'imagine que si tu mets en place ce type de projet dans l'hopital ou tu travailles, comment cela se gère avec les psys ? Est-ce que ces derniers ne risquent pas de voir ça comme une tentative de "court-circuitage" de leur méthode à eux ? Est-ce que des psys eux-même peuvent mettre en place ce type de projets, y participer ?

Il y a quelques années j'ai assisté à la restitution d'un projet théâtre auprès de collégiens. Des collégiens lambda.
Le prof de théâtre en question était une "bête", un vrai pro, qui a emmené les enfants très loin dans la démarche. Lors de la restitution, j'ai vu certains enfants oser dire sur scène des choses extrémements fortes, à leur parents qui étaient dans le public. Des choses qu'ils n'avaient jamais dites… J'ai vu des parents ressortir en pleur, ébranlés… mais positivement.
Du coup je me demande si un tel projet pourrait avoir aussi des aspects positifs dans le cadre de patients comme les tiens ? En clair, est-ce que faire participer la famille des patients n'aurait pas un intérêt ? On touche là à ce dont on a déjà parlé en privé, sur l'importance de la relation familiale dans le processus thérapeuthique…
Est-ce qu'un tel projet cirque pourrait permettre cela ?

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MessagePosté le: Samedi 19 Octobre 2013, 17h28, Sujet: Répondre en citant
paga

 
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Salut David, de rien du tout pour le retour... je vais essayer de répondre à tes questions.
Pour toute personne, en souffrance ou pas d'ailleurs, il y a des choses quasi impossibles à exprimer. Pour les personnes en difficultés, parfois l'expression disparaît totalement, et un non-dit ne peut pas être accepté et donc ne peut être dépassé. A travers un personnage, dont on aura pas à expliquer la partie qui était soi et la partie interprété, et une histoire racontée de manière symbolique, on peut s'exprimer en réelle liberté. Après l'expression, on peut espérer l'acceptation d'une situation et donc le travail de celle-ci.

Contrairement à ce que l'on pourrait naturellement penser, des espaces d'expression totalement libre sont rares. Si je m'en tiens au patient, face à un médecin, le discours sera souvent bridé par l'intention de dire "ce qu'il faut" pour obtenir le plus vite possible" ce que l'on veut". Si le courant ne passe pas du tout, il n'y aura peut-être jamais de communication donc niveau expression, c'est limite. Quand le patient participe déjà activement à ses entretiens, cet espace d'expression sera un très joli complément, non censuré par les attentes que l'on a hélas trop souvent.

Concernant la diversité des publics, c'est ensuite au professionnel d'adapter la forme de l'activité aux personnes qu'il prendra en charge. Me concernant, si j'obtenais l'endroit idéal avec le matos nécessaire, je pourrais tranquillement opter pour la forme qui nous a été proposée (mes patients ont entre 12 et 18 ans, ont habituellement tous une condition physique plutôt bonne). Le fait de composer le groupe de participants de permet de sélectionner que des personnes à même de s'impliquer, de respecter des consignes, de travailler à plusieurs parfois et de supporter le cadre. Un patient en plein délire ne pourrait être sollicité pour l'exercice. Pour un patient souffrant de troubles psychotiques (schizophrénie ou autre) en rémission ou stabilisé, on évitera une forme type jeu de rôle ou thème propice au délire. Mais explorer ses possibilités et les mettre au service de l'histoire de son choix sous la forme des arts du cirque ne représente aucun dangers ou contre-indication, le plus gros danger est plus pendant qu'on regarde les créations, regarder un truc plutôt neutre pour 8 personnes et être effondré tant ça nous a semblé triste peut être troublant par exemple...

Si j'arrive à mettre en place rapidement un tel atelier, l'observation des participants durant toutes les phases du cycle serait très riche d'enseignements, si je le peux les médecins seraient très heureux je pense du nouvel outil. Vu les durées d'hospitalisation dans mon unité, on pourrait envisager je pense une "représentation" ouverte au médecin et aux parents une fois par mois...
Bizarrement, en condition réelle, personne ne dit qu'on va être libre de faire et dire tout ce que l'on veut, mais guidé par 3-4 exercices d'échauffements et 2-3 consignes de travail, chacun fait ce qu'il veut... pour l'avoir fait, on ne cherche en soi que des idées (sans se dire sur l'instant qu'une idée qui colle au truc puisée en soi est forcément une partie de soi même qu'on offre) et des capacités pour "bien faire", bizarrement tout le monde est animé par cette volonté presque instinctive de "faire bien" et craint, tellement on est formaté, de "louper l'exercice".

Et le résultat est bluffant, pour des participants dans toute leur diversité. Effectivement, fort est à parier que médecins et parents seraient fort surpris par ce que cela peut donner et révéler.

Pour ce qui est de faire participer les parents plus activement, dans la perspective de se servir de l'outil "arts du cirque" pour influer sur les interactions animant la dynamique familiale, nous n'avons pas du tout aborder ce concept là. Par contre, j'avais trouvé qu'une psychothérapeute de la région parisienne, faisant de la thérapie familiale, en fait cet usage: parents et enfants pour dialoguer autour du jeu. Je crois qu'elle appelle ces séances "une journée au cirque".

Par contre, le propre de la méthode que l'on vient de m'enseigner est de ne formuler aucune attente ni de forme, ni de résultats. On évalue juste les degrés d'investissement du participant et le degré d'expression.
Si des parents voudraient jouer avec leurs enfants, ça marcherait, et leur liens en serait différents mais rien de révolutionnaire si on a l'habitude de jouer avec ses enfants. Et si on se sert du jeu pour améliorer quoique ce soit, on aura alors des attentes, donc travail d'obédience classique à fournir après analyse de la séance.

Désolé si cela peut paraître flou ou incomplet, mais j'ai répondu à chaud et un peu vite car ce soir, c'est spectacle concert en famille... de plus, j'ai beaucoup de mal parfois à préciser ce qui peut me sembler évident Timide

Si tel est le cas, j'essaierais d'y répondre au mieux, donc ne pas hésiter (mais ce sera pas avant demain)

A+

PS: Je vous encourage à découvrir le spectacle "Subaquatique" de Gill'us, en compagnie de Pierre Marlin (membre de la Cie des NAZ).
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